← Back to lettersMonsieur Antonio Ribera,
NOTRE CRITÈRE QUANT AUX RELATIONS AVEC LES HOMMES DE LA TERRE.
Il n'est pas possible de réaliser une synthèse de notre culture actuelle sans courir le risque que nos conceptions puissent paraître peu convaincantes car n'étant pas accompagnées d'argumentations développées avec l'ampleur désirée. Nous désirons vous offrir un panorama superficiel des bases intellectuelles de notre structure sociale à différents niveaux qui vous soient familiers : COSMOPHILOSOPHIQUE RELIGIEUX - MORAL PHYSIQUE. Pour nous, une telle discrimination est artificielle dans la mesure où nous considérons la chaîne du cosmos comme un "tout" harmonique que l'on ne peut atomiser en disciplines ou sciences sans déformer gravement la vérité. Les liens entre les différents aspects de l'univers sont si intimes que leur projection mentale sous forme de compartiments étanches peut devenir aliénante pour le chercheur. Mais la transcription de ces idées devient véritablement difficile si vous prenez en compte le fait que vos schémas mentaux sont conformés d'une autre manière que les nôtres. Nous ne pouvons utiliser un langage commun intelligible des deux côtés. En ce moment, en m'efforçant d'utiliser en espagnol des idiotismes verbaux qui vous soient familiers, je tais le flux d'idées que je pourrais exprimer avec aisance si les acceptions de vos phonèmes pouvaient interpréter correctement ma pensée. Vos frères Rilke, Neruda, Garcia Lorca, auraient-ils pu exprimer leur exquise sensibilité avec le seul instrument verbal d'un vocabulaire extrait de l'index d'un manuel d'électronique ? En ce qui nous concerne, il ne s'agit pas de chercher un phonème ou un mot espagnol dont la signification soit analogue à celle de notre mot correspondant. Même si ce premier cas était obtenu, et même avec la réalisation d'une analyse lexicographique de la langue, les expressions complexes intégrées par ces "paroles" cacheraient des significations insolites pour les habitudes topiques de la pensée terrestre. Pour cela, les idées qui ont été proposées dans ces rapports à d'autres frères de différentes nationalités sont nécessairement "géotrophes", c'est-à-dire avec une saveur prononcée "d'orientation culturelle terrestre", mais ceci est dû au moyen de communication sociale choisi. Le pouvoir évocatif des phonèmes qui vous sont familiers bloque toute intention sérieuse de transvasement culturel exogéognostique. L'idée de vous offrir ces conceptions pour qu'elles servent de base doctrinale se substituant aux piliers de la pensée terrestre actuelle est très éloignée de notre esprit. Des rapports analogues à celui-ci, mais avec un contenu spécifique différent, ont été remis par voie postale à des philosophes, des dignitaires de différentes Églises, des diplômés de diverses universités, des techniciens, des publicistes et des personnes de formation moyenne de différents pays de OYAGAA (Terre). Nous constatons que beaucoup de vos frères méprisèrent de telles données en refusant de reconnaître notre véritable identité. Cette attitude est orthodoxe sous l'angle "de vision" de la logique habituelle. Mais même les OEMII terrestres qui ont gardé avec une encourageante curiosité ces pages mécanographiées en différentes langues et qui ont su combiner, avec un équilibre louable, la réserve mentale et le secret que nous exigions, avec d'ailleurs une attitude ouverte d'approbation conditionnée de notre témoignage, n'ont jamais été contraints de substituer leurs propres idées et conceptions géognosologiques par les nôtres. Nous ne désirons en aucune manière - même par l'exhortation - que vous tombiez dans la tentation de permuter vos idées religieuses, scientifiques et politico-économiques avec les nôtres. Vous-mêmes reconnaîtrez le bien-fondé d'un tel avertissement : En premier lieu : parce que nos rapports sont purement DESCRIPTIFS. Nous vous offrons un compte rendu sans l'apport d'arguments positifs, rationnels et convaincants pour les étayer. Il serait aberrant pour vous de greffer nos idées, concepts et affirmations dépouillées sur la constellation idéologique conformée par vos éducateurs de la TERRE. Mais de plus, si cela était, vous commettriez une extorsion grave au rythme normal de coexistence sociale, le devenir de la culture de la TERRE. Le processus normal de la technologie serait altéré en endommageant gravement la chaîne géosociale actuelle. Une révolution de vos structures doit se forger au sein de votre propre réseau social. Une morale cosmique que nous partageons nous interdit respectueusement d'intervenir, sauf en des cas limites imprévisibles. Nous ne venons pas - tout au moins mes frères de UMMO - en prophètes descendus du ciel pour vous apporter une nouvelle doctrine, une nouvelle physique, une nouvelle religion, des conceptions mathématiques nouvelles, des panacées pour vos maux sociaux ou patho-physiologiques, en nous appuyant pour cela sur notre maturité culturelle plus avancée. Aussi, il ne viendrait pas à l'idée à un ingénieur spécialisé en constructions terrestres en visite dans une école de jeunes enfants, de dénaturer le cycle d'enseignement infantile en essayant d'expliquer aux UYIIE comment on construit un pont en encorbellement au moyen de voussoirs en béton armé. Naturellement ce spécialiste pourrait utiliser des comparaisons et des expressions accessibles à ces cerveaux embryonnaires afin qu'ils puissent comprendre la technologie qui permet de franchir de grandes portées par la construction de ces structures. Il n'est pas nécessaire de souligner qu'une leçon de cette nature est inopportune dans un cycle puéri-pédagogique. La pureté de nos intentions peut être constatée à travers le procédé utilisé pour prendre contact avec vous. Si nous désirions vraiment introduire notre propre monde mental, nous exercerions notre prosélytisme en étayant nos textes par des démonstrations, même sophistiquées. Nous n'insisterons pas davantage sur le fait que notre séjour sur TERRE est dû exclusivement à une nécessité vitale, que vous comprendrez, d'étudier et d'analyser votre évolution bioculturelle. C'est seulement après avoir compris que vos propres barrières de scepticisme nous protègent que nous avons décidé cet essai de symbiose intellectuelle. Nous vous offrons maintenant ces documents tout en sachant qu'ils seront accueillis avec réticence et nous en faisons dépositaires des hommes de la TERRE comme vous, qui, imprégnés par l'intérêt pour des thèmes extra-biologiques, les conserveraient au moins jusqu'à ce que des preuves objectives et vraies sanctionnent l'authenticité de leur genèse. Ceci est la seule chose que nous préconisons : Ne nous croyez pas. Accueillez avec méfiance ces concepts. Ne les divulguez pas pour l'instant dans les milieux de communication de masse. Montrez-vous même sceptiques face aux OEMII non familiarisés avec cette science (celle qui analyse ces faits), mais ne détruisez pas ces feuilles imprimées. Avec quelques milliers d'autres distribuées secrètement, elles constituent le précédent historique des relations débutantes entre nos deux réseaux humains.
NOTRE CONCEPTION DE L'AIOOYAAIODI.
Tout penseur de la TERRE reconnaîtra l'insurmontable difficulté qu'entraîne la projection sur des esprits non formés de concepts abstraits reflétant toute la richesse idéologique des différentes écoles philosophiques. Notre prétention de vous offrir de telles conceptions condensées en quelques paragraphes stérilise d'emblée toute possibilité d'homogénéiser les critères, en leur donnant la forme adéquate que nous acceptons. Mais au moins elle vous servira pour ébaucher par petites touches rapides une image de la structure de notre pensée. Dans le domaine de la cosmologie, les progrès obtenus sont suffisamment importants pour que les spéculations de nos idéologues abandonnent le terrain mouvant des intuitions et s'appuient sur un empirisme épuré et omniprésent qui nous a permis de formuler des hypothèses beaucoup plus conséquentes que celles d'autrefois. Nous pouvons vous révéler que le premier "choc" ressenti par les anciennes conceptions mécanistes du Cosmos eut lieu quand nos cosmophysiciens arrivèrent à constater la véritable nature de l'espace physique. Notre modèle de Cosmos est capable de répondre d'une manière satisfaisante à toutes les interrogations qui se posent non seulement en Physique mais aussi dans le domaine biologique et psychophysique. Il est compatible avec la riche phénoménologie dont nous sommes les observateurs optionnels. Il ne s'agit pas cependant d'un modèle définitif et parfait - réel - car bien qu'il réponde à nos propres formulations : qu'est-ce que l'être ? qu'est-ce que le non-être ?... qu'est-ce que le (S76-s1) - être? pourquoi sommes-nous ici ?... qu'est-ce que "l'entité"-nécessaire ? (Observez que j'essaie de refléter les formulations qui vous sont les plus familières) et pourtant, pour satisfaire harmonieusement nos aspirations subjectives de connaissance, nous introduisons sophistiquement des convictions erronées. Par exemple, celle qui consiste à dire qu'il existe un modèle objectif pour nous. Celle que, pour satisfaire nos propres schémas mentaux propres à des êtres à structure corticale définie, nous pouvons qualifier de HORS-DE-MON-ESPRIT comme concept "appréhendé" dans sa totalité, sans tenir compte du fait qu'une autre entité pensante DIFFÉRENTE-DE-MA-STRUCTURE puisse satisfaire aussi ses propres formulations en arrivant à des résultats incompatibles avec mon MOI-STRUCTURAL, mais parfaitement valables pour lui. Mais ceci est un corollaire de l'inquiétante question exposée en premier lieu. Existe-t-il un modèle objectif du "Cosmos" ? Si la réponse est négative, la confusion introduite rendra impossible toute espérance de certitude. Mais avant d'exprimer nos idées sur les êtres, sur l'AIOOYAAIODI (ENTITÉ DIMENSIONNELLE), voyons comment nous envisageons le problème de l'information dont l'altération interdirait toute possibilité de nous entendre.
LE LANGAGE ET NOTRE LOGIQUE.
Notre premier objectif de notre pensée fut d'élaborer des bases dialectiques, une logique qui fût indépendante du langage, de la langue. Ceci était d'une importance vitale si vous tenez compte du fait que notre forme d'expression est bisynchrovalente et que la codification verbale de la pensée en deux modes d'expression capables d'être phonétiquement simultanées (l'une par un mécanisme linguoguttural semblable aux langages de la TERRE, et l'autre par un code qui implique des répétitions séquentielles des phonèmes) prédispose à des interprétations erronées et est une source de tromperies due à l'ambiguïté des termes utilisés et à la composante émotive lors de leur expression. C'est pour cela que fut choisie notre OIYOYOIDAA (manière d'exprimer des idées par une répétition codée de différents mots dans le contexte d'une conversation normale) pour servir de base à une communication verbale de nos concepts AADOO-AUGOOA (logiques). Ainsi les idées transcendantales sont exprimées en un langage de base mathématique. De cette façon, nous, les OEMII de UMMO, pouvons employer à volonté trois instruments verbaux qui sont utilisés en fonction des nécessités de l'individu en chacun à chaque instant. Le premier, DU-OI-OIYOO (on peut le traduire par langage de liaison) utilise des idéogrammes dans leur expression graphique et des groupes de phonèmes liés ou connectés qui représentent des concepts, des valeurs et des objets concrets et même des idées complexes ordonnées. C'est un véhicule qui sert pour converser de questions routinières (langage domestique, technique, macrosocial vulgarisé).
NOTE 8 : Nous vous parlerons une autre fois de notre forme de communication OANNEAOIYOYOO (vous diriez "TÉLÉPATHIQUE"), celle-ci nous permet de connecter les éléments intégrants de notre RÉSEAU SOCIAL à de grandes distances. Deux difficultés ternissent cependant cette voie informative : L'initiation du contact entre deux OEMII nécessite un certain temps. Des concepts complexes de caractère logique transcendantal ne peuvent accéder par cette voie, seulement utile pour la transmission d'idées simples et topiques.
Lettre Ummite#462